Interview

QUESTIONS TPE

« ARGENT ET FOOTBALL »

 Patrick HIARD : ancien footballeur professionnel  du Stade Rennais FC, du Sc Bastia : 1 sélection en équipe de France.(carrière : 1972-1992)

Phillipe MORIN : ancien footballeur profesionnel  du Stade Rennais FC, du FC Sochaux-Montbéliard. (carrière : 1981-1992)

 

- Que pensez-vous des salaires des joueurs de football actuels ?

Pierrick HIARD :

Difficile de répondre à cette question étant toujours dans le football pros , mais honnêtement je pense que les salaires actuels sont trop élevés , un joueur confirmé niveau équipe de France à la rigueur, mais sur des joueurs de niveau moyen il y a surement des choses à revoir.

Philippe MORIN :

Le salaire moyen en ligue 1 est de 45000€. Il y a 150 joueurs à environ 1 million € annuel. Attention le salaire est progressif en fonction des contrats. On ne parle que du salaire des stars et internationaux, donc évidemment, je trouve cela démesuré et incompréhensible par rapport à la conjoncture actuelle. Quel métier mérite un tel salaire ?

 

- Quel est la différence entre les salaires d’aujourd’hui et les salaires que vous avez pu percevoir auparavant ?

Pierrick HIARD :

 En 20 ans la valeur de l’argent a changé mais aujourd’hui il faut multiplier par 10 le salaire d'un joueur de notre époque pour arriver à celui d'un joueur correct de ligue1.

Philippe MORIN :

 Cela fait 20 ans que j’ai arrêté et le salaire moyen devait être à ce moment-là de 7000€. Il est aujourd'hui a 45000 €.

 

- Selon vous, l’argent est-il présent au point de dénaturer le football d’aujourd’hui ?

Pierrick HIARD :

 J’espère que non, car lorsqu’on aime son métier et le football on ne pense pas à l’argent mais je pense qu’aujourd’hui malheureusement l’argent fait tourner quelques têtes.

Philippe MORIN

Bien sûr que l’argent dénature le football, et cela à commencer en France avec l’arrivée de Canal+ en 1985 et Bernard Tapie à Marseille , maintenant les droits télé sont énormes, en Angleterre, Allemagne, Espagne, Italie, et on s’aperçoit aujourd’hui en France, que seul,  le PSG peut rivaliser avec les grands clubs étrangers.  

 

- Pensez-vous que pour les joueurs professionnels, leur but premier est d’assurer le spectacle ? N’y a-t-il aucuns enjeux derrière ?

Pierrick HIARD : 

Je pense qu’il n’y a plus le respect du contrat , du maillot que l’on porte de son club , du public , les enjeux sont des enjeux économiques avec de nos jours des agents de joueurs qui sont là pour le business.

Philippe MORIN :

Il ne faut pas oublier que c’est un métier, qu’il faut être performant et efficace, il faut toujours gagner, le président, l’entraineur vous le demande, le spectacle passe après. Il est bien évident que si les deux sont réunis c’est mieux.  Les grandes  équipe offrent parfois du spectacle par leur style de jeu et parce qu’elles ont de grands joueurs qu’elles peuvent s’offrir. (le pouvoir de l’argent) mais elles ne gagnent pas forcément.

 

- D’après votre expérience, les valeurs au sein d’un club sont-elles toujours les mêmes qu’à votre époque ?

Pierrick HIARD :

 Non non, on respectait les contrats, un joueur pouvait rester 8-9-10 ans dans un club aujourd’hui un joueur peut changer trois fois de club dans la même saison, invraisemblable à notre époque.

Philippe MORIN :

 Les valeurs ne sont plus les mêmes, auparavant un joueur changeait  une, deux fois de club dans sa carrière. Il choisissait son nouveau club et vivait pour le club, maintenant ils sont des pions, on prend, on jette au bout d’un an et parfois moins si il ne fait pas l’affaire. Un des problèmes se sont les imprésarios, les joueurs sont des marchandises, ils font du business.

 

- Après avoir joué en tant que footballeur professionnel dans certains clubs plus ou moins prestigieux, avez-vous subi une reconversion dans un autre métier par la suite ? Si oui, c’était essentiellement par obligation financière ou juste par envie ?

 Pierrick HIARD :

Non j’ai eu la chance de rester dans le milieu pro après l’arrêt de ma carrière, comme adjoint en ligue 1 puis dans le recrutement pro, mais pour connaitre les joueurs de ma génération c’était surement par obligation financière car l’argent gagné durant notre carrière était insuffisant pour vivre après le football.

Philippe MORIN :

A la fin de ma carrière j’avais 30 ans (arrêt sur blessure). J’ai dû me reconvertir, mes 12 années passées dans ce milieu professionnel ne m’a pas assuré un avenir. Je suis donc resté dans le milieu sportif, comme éducateur dans une municipalité que j’ai quitté au bout de 10ans. Maintenant je travaille dans le télécom.

 

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site